Hwaves-Neuro

Risques liés aux vagues de chaleur pour les patients atteints de maladies neurodégénératives

| Aperçu

Durée : 36 mois
Budget : 167 026 euros

Coordination scientifique :
Basile Chaix, Giovanna Fancello, Nemesis U1136 Inserm, IPLESP

Partenaires :
Fabrice Carrat, Jonathan Bellet, CLEPIVIR- Epidémiologie clinique des maladies virales chroniques, IPLESP
Marc Verny, Brain-C Lab, B2A-UMR 8256, CNRS – Sorbonne Université(Pas de financement)


| Contexte

Les maladies neurologiques constituent des causes majeures de décès et d’invalidité à l’échelle mondiale, ainsi qu’une priorité en matière de santé publique. Bien que le processus de neurodégénérescence se produise naturellement au cours du vieillissement, il peut être accéléré par certaines maladies neurodégénératives, telles que la maladie d’Alzheimer (AD), la maladie de Parkinson (PD) et la démence à corps de Lewy (LBD). La AD, PD et LBD partagent des symptômes et des signes cliniques (rigidité corporelle, la bradykinésie…), qui peuvent être exacerbés par des facteurs environnementaux. Alors que l’augmentation de la prévalence des maladies neurodégénératives est largement documentée dans la littérature, l’impact à court terme des vagues de chaleur sur l’aggravation des conditions chroniques de l’AD, du PD et du LBD, reste flou.

Le phénomène du réchauffement climatique est global, mais son intensité n’est pas uniforme lorsqu’on l’observe à différentes échelles, allant du niveau mondial jusqu’au niveau local. À l’échelle locale, cette variation peut être attribuée à des facteurs d’urbanisation, qui peuvent amplifier les effets des vagues de chaleur dans la ville, en générant des élévations localisées des températures en milieu urbain par rapport aux zones rurales (c.-à-d. îlot de chaleur urbain).

La combinaison des vagues de chaleur et des phénomènes d’îlots de chaleur urbains pourrait entraîner un stress thermique accru pour les populations défavorisées atteintes de troubles neurodégénératifs tels que l’AD, PD et LBD et vivant dans des zones urbaines sensibles au réchauffement. Par exemple, des études sur les animaux ont montré que l’hyperthermie peut entraîner une augmentation de la formation de bêta-amyloïde, le dépôt de protéine tau phosphorylée et une dysfonction de la barrière hémato-encéphalique. Par conséquent, des facteurs associés au changement climatique, tels que le stress thermique et la pollution de l’air, pourraient potentiellement jouer un rôle dans l’accélération de la progression des troubles neurodégénératifs et augmenter la probabilité d’admissions d’urgence à l’hôpital et de décès.

| Objectifs

Les principales hypothèses de cette étude sont les suivantes :

  • Les vagues de chaleur ont le potentiel d’intensifier les symptômes des maladies neurodégénératives telles que l’AD, la PD et le LBD, ce qui élève par conséquent le risque de visites aux services des urgences, d’admissions à l’hôpital et de mortalité.
  • Les facteurs microclimatiques, qui sont influencés par certaines caractéristiques urbaines (verdure urbaine, densité urbaine, …), peuvent amplifier ces effets, notamment pour les patients résidant dans des zones urbaines caractérisées par le phénomène de l’îlot de chaleur urbain.
  • Les polluants atmosphériques peuvent agir comme termes d’interaction au sein de ces associations, influençant davantage l’exacerbation des symptômes neurodégénératifs et le risque de visites aux services des urgences, d’admissions à l’hôpital et de mortalité.

| Méthodes

Les patients atteints d’AD, PD, LBD identifiés dans la base de données de santé française (SNDS) pour la période de 2012 à 2021 seront analysées. Le risque de visites aux services des urgences, d’hospitalisation et de mortalité chez les patients AD, PD, LBD, seront évalués avec deux méthodes statistiques complémentaires :

  • Un design de type cohorte par un modèle de régression logistique multiniveau mixte
  • Un design de type self case séries en prenant le sujet comme son propre contrôle

Le rôle modérateur des facteurs de l’environnement urbain de résidence (densité de population, pollution de l’air…) sur les associations entre les vagues de chaleur et ce risque, sera également analysée. Pour les deux design, nous appliquerons des modèles non linéaires à décalage distribué qui permettront d’évaluer sur combien de jours avant le jour en question les températures élevées sont associées au risque d’un résultat (c’est-à-dire l’accès aux urgences, l’hospitalisation) et s’il y a un effet retardé.

| Perspectives

Ce projet produira des informations pour le développement de mesures préventives ciblées sur les expositions individuelles à des facteurs de vulnérabilité urbaine spécifiques liés à la chaleur. De plus, en évaluant les différents délais d’exposition à la chaleur et aux facteurs de stress environnementaux, il fournira des informations sur la durée d’exposition nécessaire pour présenter un risque pour les patients qui résident dans différentes zones urbaines.

Le projet présente plusieurs aspects d’originalité. Tout d’abord, il déterminera quelle mesure météorologique offre les prévisions les plus précises pour le risque de visites aux services des urgences, d’hospitalisation et de mortalité sur le patients AD, PD et LBD. Deuxièmement, il étudiera les zones microclimatiques urbaines où ce risque est exacerbé. De plus, il explorera divers délais d’exposition, allant d’un jour à un mois.