
CLIMATE
Impact du changement climatique sur l’élimination de la tuberculose
| Aperçu
Durée : 36 mois
Budget : 282 631 euros
Coordination scientifique :
Maryline Bonnet, Daniel Chemtob, TransVIHMI U1175 Inserm, IRD, Université de Montpellier
Partenaires :
Annabel Desgrees du lou, CEPED (Université Paris Cité, IRD, Inserm), ERL Inserm 1244
Franck Cobelens, Amsterdam Institute for Global Health and Development (AIGHD) and Amsterdam University MC
Emmanuel Roux, ESPACE-DEV, IRD
Mathilde Savy, MoISA, IRD
Richard SANYA, African Population & Health Research Center (APHRC), Kenya
John-Bosco ISUNJU, Makerere University School of Public Health (MakSPH), Uganda
| Contexte
On estime que le changement climatique (CC) exacerbera près de deux tiers des maladies infectieuses affectant l’homme et augmentera de manière significative les migrations. La tuberculose (TB) reste l’une des principales causes de décès dans le monde, en particulier dans les pays à revenu faible et moyen (PRFM), avec environ 10,6 millions de nouveaux cas de tuberculose en 2021 et 1,4 million de décès. Après avoir diminué d’environ 2 % par an au cours des 20 dernières années, le taux d’incidence mondial de la tuberculose a augmenté de 3,6 % entre 2020 et 2021, à la suite de l’interruption des services de lutte antituberculeuse pendant la pandémie de COVID-19 dans les pays à faible revenu et à forte prévalence.
Plusieurs facteurs ont un impact sur la tuberculose : la pauvreté, la malnutrition/l’insécurité alimentaire, la promiscuité, les mauvaises conditions de vie et de travail, le manque d’accès au diagnostic et aux soins, les migrations et l’épidémie de VIH. Plusieurs de ces facteurs peuvent être influencés par le CC, notamment par ses effets sur l’insécurité alimentaire et la migration.
Cependant, les voies et les mécanismes d’interaction entre les CC et la tuberculose n’ont été que partiellement étudiés, et une meilleure compréhension est essentielle pour évaluer dans quelle mesure les CC actuels et futurs auront un impact sur l’élimination de la tuberculose. La question se pose également de savoir comment ces effets peuvent être atténués, par exemple en augmentant la résilience des services de lutte contre la tuberculose aux chocs climatiques, et quels seront les obstacles à de tels efforts ?
Le projet CLIMATE est très pertinent pour le débat émergent et les préoccupations des institutions internationales de santé telles que l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui prépare un document d’orientation sur l’importance de la prise en compte des changements climatiques pour l’élimination de la tuberculose.
| Objectifs
CLIMATE est un projet interdisciplinaire qui répond aux trois axes de l’appel à propositions de l’Inserm et vise à :
- Analyser les impacts sanitaires potentiels des CC en relation avec la tuberculose, afin d’informer les décideurs politiques
- Préparer la base d’une analyse et d’une modélisation futures de l’impact des CC sur le fardeau de la tuberculose dans les régions à forte incidence de tuberculose et dans les PRFM
- Analyser les obstacles et les opportunités pour les stratégies d’adaptation des services de lutte contre la tuberculose dans les PRFM
| Méthodes
Les quatre équipes collaborant au projet CLIMATE mèneront des recherches interdisciplinaires et produiront quatre modules de travail :
- Établissement du cadre conceptuel pour l’interaction entre CC et TB
- Préparation pour l’analyse et la modélisation des données sur la TB et le climat
- Impact de la migration climatique
- Résilience des services de contrôle de la TB dans les PRFM
L’unité TransVIHMI (Inserm U 1175) réalisera la plupart des composantes épidémiologiques et de santé publique du projet et l’équipe CEPED (Inserm ERL 1244) se concentrera sur les aspects migratoires et les études anthropologiques. Les deux autres partenaires sont l’Amsterdam Institute for Global Health and Development (AIGHD), qui contribuera aux aspects épidémiologiques et de modélisation des données sur la tuberculose, et ESPACE-DEV de l’IRD, qui travaillera sur la modélisation des composantes climatiques. Deux pays, le Kenya et l’Ouganda, particulièrement touchés par le CC ont rejoint récemment le consortium.
| Perspectives
A notre connaissance, aucun cadre conceptuel de recherche liant CC et TB n’a été produit, et aucun travail de modélisation approfondi n’a été réalisé. Le projet CLIMATE est donc innovant et concerne la 1ère maladie infectieuse endémique au monde en termes de mortalité. L’expérience récente de la pandémie COVID-19 a démontré la fragilité et le manque de résilience des services de contrôle de la tuberculose dans les PRFM. D’où l’importance de mieux comprendre, anticiper et préparer la réponse à l’impact de la CC sur la tuberculose dans les PRFM. Cette 1ère phase préparatoire du projet CLIMATE doit nous permettre de renforcer le consortium et de répondre à terme aux appels d’offres européens tels que Horizon et le Belmont Fund, en étroite collaboration avec les partenaires des pays les plus touchés et le Programme mondial de lutte contre la tuberculose de l’OMS. Ce projet se veut participatif, impliquant la société civile, d’où l’importance des sciences sociales dans notre projet.
